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Le pipeline entre le Niger et le Bénin est en passe d’être la plus importante transaction de l’année dans le secteur pétrolier africain selon l’African Chamber Energy (ACE), une organisation regroupant les opérateurs et investisseurs actifs dans la filière sur le continent.

Long de 1 893,9 km, dont 70% en territoire nigérien, l’oléoduc va relier le bassin de l’Agadem au Niger, importante zone pétrolifère du Niger, au port de Sèmè au Bénin pour un coût global de 4,5 milliards de dollars, soit environ 2 400 milliards FCFA.

Le projet confié au chinois CNODC, filiale de la CNPC (China National Petroleum Corporation), qui va en assurer la construction et l’exploitation, a été lancé en fin de semaine dernière par le président Mahamadou Issoufou. Il intègre également la construction de sept centrales électriques, 1 557 km de lignes à haute tension et un nouvel aéroport à Koulélé (Agadem, sud-est du Niger).

En donnant au pétrole du Niger un accès aux marchés d’exportation, le gazoduc va permettre de débloquer des milliards de dollars d’investissements dans les découvertes faites dans le pays au cours des dernières années et de transformer le pays en une plaque tournante pétrolière régionale. Cela signifie des emplois et un contenu local pour la population du Niger « , a expliqué NJ Ayuk, président exécutif de l’ACE et PDG de Centurion Law Group.

100 000 à 200 000 barils par jour

Les premières exportations via l’oléoduc sont attendues en 2021 alors que la production de brut du Niger va passer de 20 000 barils à 100 000 barils par jour selon les autorités qui évoquent même un objectif de 200 000 barils par jour dans quelques années. Une ambition qui s’appuie sur la multiplication des découvertes qui vont radicalement changer  la physionomie du pays. A titre d’illustration,  » dans le seul bassin de l’Agadem, la CNPC a fait plus de 100 découvertes sur 137 puits d’exploration au cours des dernières années, qui ont toutes maintenant de grandes chances d’être exploitées  » explique l’ACE.

Selon les projections des autorités, la contribution du pétrole au PIB devrait ainsi passer de 4% en 2017 à 24% en 2025 et les recettes publiques tirées du pétrole passant de 19% à 45% et les recettes d’exportation de 16% à 68%.

 » Pour un pays enclavé dont le PIB est inférieur à 10 milliards de dollars, ajoute l’ACE,un pipeline de cette ampleur ne représente pas seulement le pilier d’une croissance économique future, mais une opportunité profonde et réelle de transformer la vie de plus de 22 millions de citoyens « .

Jean Mermoz Konandi

 

 

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