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Dans une plainte déposée aux États-Unis au nom de 14 Congolais, les géants américains de l’électronique sont accusés d’encourager le travail des enfants dans les mines de cobalt de République démocratique du Congo. Le problème est plus largement celui de l’extraction artisanale illégale dans ce pays.

Les géants américains de l’électronique sont-ils responsables du travail des enfants dans les mines de cobalt de RDC ? C’est ce que plaide l’association International Rights Advocates, au nom de 14 parents et enfants congolais, qui déplorent la mort ou le handicap d’un des leurs. Apple, Microsoft, Dell, Tesla, Google encourageraient le travail des enfants, selon les plaignants, parce que les batteries de leurs appareils contiennent du cobalt. Depuis quelques années, pourtant, les géants américains de la tech ont fait le ménage parmi leurs fournisseurs pour ne plus utiliser de cobalt douteux, ce qui est loin d’être le cas de leurs concurrents asiatiques Huawei ou Samsung, qui ne sont pas visés.

Occupation illégale de mines en activité ou désaffectées

Cette affaire met avant tout en lumière la difficulté d’encadrer l’extraction artisanale en RDC. En juin dernier, plus de quarante mineurs artisanaux congolais entrés illégalement dans une concession de Kamoto Copper Company, la filiale du géant suisse Glencore, ont encore été tués dans l’effondrement de deux galeries qui surplombaient la zone d’extraction. Cette fois, Glencore précise dans un communiqué que les concessions de Lac Malo et de Kamilombe évoquées dans la plainte ne sont pas celles de sa filiale et qu’elle a cessé de traiter ou de commercialiser le cobalt extrait de la mine à ciel ouvert de Mashamba Est, également citée.

Réforme de la mine artisanale en cours

« Il s’agit d’exploitants artisanaux qui occupent illégalement les mines, souligne John Kanyoni, le vice-président de la Chambre des mines de RDC. Tous nos membres ont l’obligation d’adhérer au guide de l’OCDE. Et si Zhejiang Huayou Cobalt [également mentionnée dans la plainte] n’est pas membre de notre organisation, la législation congolaise bannit le travail des enfants. »

« Une réforme est en cours dans la région de Kolwezi, avec une bourse du cobalt artisanal, qui permet aux mineurs artisanaux enregistrés de vendre à des négociants étatiques à un prix de marché, note l’expert des métaux Didier Julienne. Mais il faudrait aussi que les autorités visitent les mines et en chassent les enfants. »

Espoirs dans la blockchain

A l’autre bout de la chaîne, les géants de l’électronique mis en cause parient désormais que la technologie de la blockchain garantira un jour de bout en bout que leur approvisionnement n’est pas mêlé au travail des enfants.

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