Partager avec votre communauté
EDF a signé le 4 décembre 2019 à Abidjan, la convention de concession de la centrale biomasse Biovéa avec le gouvernement ivoirien. Cette étape devrait accélérer l’avancement du projet pour des travaux annoncés mi-2020.

« C’est un très bel exemple d’économie circulaire », se félicite Valérie Levkov, la directrice Afrique, Moyen-Orient et Méditerranée orientale d’EDF. « Toutes les conditions nécessaires pour faire aboutir le projet ont été acceptées par les différents partenaires. Cette signature est l’élément-clé du modèle économique de ce projet qui comprend la répartition des risques et des responsabilités et qui fixe le rôle de chaque acteurs, y compris celui du gouvernement, mais aussi le prix de l’électricité », explique-t-elle. Un prix qui a été fixé à 62 Fcfa le MW. « Tout se dénoue à partir de cette signature, car, sur cette base, nous finaliserons le montage financier et le contrat EPC [Engineering Procurement Construction, ndlr].  Nous sommes proches de l’aboutissement pour le closing du projet », poursuit-elle.

 

La centrale de biomasse s’inscrit dans le cadre du Plan d’action national des énergies renouvelables 2014-2030 (PANER), qui entend porter à 42% la part de son mix énergétique issu des énergies renouvelables à l’horizon 2030 et devrait générer quelque 500 emplois locaux.

A ce jour, l’essentiel de l’électricité en Côte d’Ivoire est assuré par l’énergie thermique (à hauteur de 75 %) et par l’hydroélectricité (25 %). Le pays accuse donc un retard significatif en matière d’énergies renouvelables et la part de l’énergie solaire demeure quasi- inexistante.

Un démarrage des travaux prévu mi-2020

La Centrale biomasse située à 5 km d’Aboisso, produira 336 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 1.7 million d’habitants en Côte d’Ivoire. Elle utilisera près de 480 000 tonnes de déchets de palmiers à huile, et sera dotée d’une capacité de 46 MW répartie entre deux unités de 23 MW chacune. A terme, elle deviendra la plus grande centrale biomasse d’Afrique de l’Ouest, utilisant des résidus de l’industrie agro-alimentaire.

Le projet est porté par la société de projet Biovéa Energie composée par trois acteurs-clés que sont EDF (40 %), Meridiam (36 %) et SIFCA via sa filiale Biokala SA (24 %). Biovéa est en charge de la conception, du financement, de la construction et de l’exploitation de la centrale pendant 25 ans, avant que le gouvernement ivoirien n’en devienne propriétaire.

Le coût total du projet avoisine les 200 millions d’euros, financé via un montage de type « project finance », dont les fonds sont essentiellement apportés par des institutions telles que Proparco (qui a octroyé un prêt de 90 millions d’euros à SIFCA en octobre 2018) et Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF).

SIFCA, le partenaire local, sera en charge de la mise en place et de la gestion de la filière d’approvisionnement de biomasse et la société d’investissements Meridiam « apportera son expertise sur la stabilité financière du projet » souligne Valérie Levkov.

« C’est une centrale qui doit faire référence, car elle sera de très loin, la première centrale biomasse raccordée au réseau et la plus grande centrale biomasse d’Afrique de l’Ouest »,précise-t-elle. Le projet est né en 2014 et la construction devrait commencer mi-2020.

 

 

Tribune

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •