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Les flammes détruisent de vastes surfaces de forêt en Amérique du Sud, alors que l’Amazonie est souvent désignée comme le « poumon de la planète ».

Depuis plusieurs semaines, de gigantesques feux de forêt ravagent le nord de l’Amérique du Sud, sans que cela ne provoque encore de très fortes réactions de ce côté de l’Atlantique.

De très nombreux internautes se sont toutefois mobilisés sur les réseaux sociaux, avec les mot-clés #PrayForAmazonia #PrayForTheAmazon. Et pas seulement dans la zone concernée. Car de tels incendies dans cette région, souvent surnommée le « poumon de la planète », ne sont pas sans conséquences sur l’environnement de toute la Terre.

D’une part, ces incendies entraînent un dégagement immédiat très important de dioxyde de carbone (CO2). Il est pour l’instant compliqué d’établir la superficie précise des surfaces d’arbres parties en fumée ces dernières semaines dans cette vaste zone (environ 550 millions d’hectares) englobant une partie du Brésil et des pays limitrophes. Mais on sait que les régions concernées sont surtout celles occupées intégralement ou en grande partie par la forêt amazonienne. Et le nombre de départs de feux depuis le début de l’année au Brésil est en hausse de 83 % par rapport à toute l’année 2018.

D’autre part, tous ces arbres qui disparaissent en Amazonie ne pourront plus assurer leur rôle de capteur de CO2. « Tout va dépendre de la taille des surfaces parties en fumées. Les images satellites ne peuvent pas encore le montrer à cause des fumées », souligne Jean-Pierre Wigneron. « On considère que la moitié du dioxyde de carbone va dans l’atmosphère, un quart va dans l’océan, et un quart est stocké par la biomasse », rappelle le chercheur. Autant de gaz qui devra être absorbé ailleurs si les forêts ne peuvent plus assumer ce rôle.

Une étude scientifique parue dans la revue Nature le 29 juillet dernier avait déjà établi que les forêts tropicales étaient devenues neutres en émission de carbone. En clair, à cause de la déforestation et des températures de plus en plus élevées année après année, les arbres ne sont plus en mesure de capter autant de CO2 qu’autrefois.

Mais la situation pourrait encore s’aggraver à cause de ces incendies. « On a très peur que non seulement ces forêts ne jouent plus leur rôle de puits de carbone, mais qu’en plus elles émettent du CO2 et que ça accentue l’effet de serre », alerte Jean-Pierre Wigneron, qui a participé à l’étude parue dans Nature.

Sans compter tous les autres effets immédiats liés à la pollution. Car ces incendies génèrent aussi beaucoup de dioxyde d’azote et d’autres gaz dans l’air. De quoi impacter la santé des habitants, jusqu’à ceux des grandes villes amazoniennes. Car les fumées ne s’arrêtent pas aux forêts et recouvrent aussi plusieurs zones urbaines.

Source: Le Parisien

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