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La valeur du baril de pétrole côté à New-York est tombée sous les zéro dollar et a clôturé la journée de lundi 20 Avril  à – 37,63 $.  La crise du coronavirus, qui s’est traduite par un confinement dans de nombreux pays et une activité économique ralentie, a entraîné une forte baisse de l’usage de pétrole et donc un effondrement de la demande.L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés dont la Russie, désignés sous le nom d’Opep+, vont produire 10 millions de barils de moins par jour à compter du 1er mai, afin de faire remonter les cours. Cependant ,quelles conséquences cette situation pourraient avoir sur l’économie des pays africains.

Le dirigeant de BTD en Afrique de l’Ouest, Aboubacar Kouyaté, est diplômé de Toulouse Business School, de  Sup de Co de Marrakech et de l’Institut de Hautes Etudes Internationales de Genève partage son avis sur cette crise sanitaire.

Pour lui , Au-delà du lourd impact économique immédiat induit par la chute vertigineuse des cours, les secteurs des hydrocarbures, de l’électricité, des énergies renouvelables et des mines, peuvent être exposé à des risques latents en matière de sécurité.La situation actuelle provoquée par le fléau du Covid-19, exige que «les entreprises qui contrôlent et gèrent les infrastructures énergétiques critiques maintiennent leur vigilance contre les menaces de sécurité physiques, cybernétiques et technologiques».

Pour l’instant il n’y a aucune raison de paniquer. Certes, les choses pourraient empirer avant de s’améliorer, alors que le monde se bat contre ce virus à propagation rapide. Et sûrement, certains pays africains tributaires du pétrole souffriront d’une baisse des revenus. Le budget de l’État angolais, par exemple, a été conçu pour un prix du pétrole de 55 USD et non 35 USD. Mais le pays a survécu à la crise des prix du pétrole de 2014 et survivra certainement à celle-ci. De plus, la plupart des producteurs africains ont tiré des leçons de l’expérience passée et se sont adaptés pour répondre aux baisses de prix. La diversification économique progressive dont le continent a été témoin ces dernières années contribuera également à minimiser l’impact de cette situation. En outre, les décisions finales d’investissement pourraient être légèrement retardées jusqu’à ce que la situation se stabilise, mais elles viendront en temps voulu.

Les experts de la société américaine Energy & Natural Resource Security Inc (ENRS) réitèrent leur engagement à « continuer soutenir de nombreuses sociétés énergétiques en Afrique pour atténuer les actions hostiles de ceux qui sont mal intentionnés. En ces temps incertains comme ceux-ci, ce sont les efforts des entreprises contre les menaces inattendues qui garantissent que leurs actifs maintiennent la continuité des opérations pendant ces temps difficiles.

Comme solution possible à ces problèmes croissants, les gouvernements africains devraient envisager d’«imposer des annulations ou des reports immédiats des paiements d’impôts pour une période pouvant aller jusqu’à trois mois aux sociétés de services appartenant à des Africains, aux sociétés d’exploration et de production locales et à toutes les sociétés internationales et locales travaillant sur des programmes d’exploration», recommande-t-on à la Chambre africaine de l’énergie. Il s’agit d’une période extrêmement difficile pour le pétrole et le gaz africains. Il faudrait une stratégie régionale pour atténuer l’impact sur les économistes africaines dépendantes de l’or noir.

Si 2020 sera une anné.e difficile pour l’énergie africaine, 2021 sera une année d’opportunité, mais pour cela, nous devons commencer à nous adapter dès maintenant, en définissant les politiques qui nous permettront de profiter des opportunités futures. C’est dans les moments de crise que les vrais leaders ont l’opportunité de briller et de mettre en avant leurs compétences.

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