Partager avec votre communauté

Selon un rapport publié par le cabinet de Conseil en risques Verisk Maplecroft  indique que la politique des pays producteurs de pétrole visant à opérer une transition vers les énergies renouvelables risque de provoquer des conflits politiques.

Pour ce cabinet  l’Algérie, l’Irak et le Nigéria seront parmi les premières victimes d’une vague d’instabilité politique au ralenti qui engloutira les producteurs de pétrole les plus exposés au cours des 3 à 20 prochaines années. Mais des pays comme l’Angola, le Gabon et le Kazakhstan seront également balayés à moins qu’ils ne s’adaptent à la menace imminente que le passage mondial des hydrocarbures représente pour eux.

« La diversification pourrait s’accompagner de ses propres risques politiques en remettant en cause les contrats sociaux traditionnels des pétro-États : la légitimité à gouverner en échange de largesses en matière d’hydrocarbures », a déclaré James Lockhart Smith, responsable risques sur les marchés chez Verisk Maplecroft.

Il faut également souligner que cette ruée vers l’abandon des combustibles fossiles ainsi que l’impact négatif de la Covid-19 sur les bénéfices obtenus grâce au pétrole au cours des dernières années, constituent de sérieuses menaces pour les Etats dont l’économie est fortement dépendante des activités pétrolières.

Aussi,  la majorité, des producteurs nets de pétrole vont avoir du mal à se diversifier en grande partie parce qu’ils ne disposent pas des institutions économiques et juridiques, des infrastructures et du capital humain nécessaires. Même lorsque de telles institutions sont en place, l’environnement politique, les défis de la corruption ou de la gouvernance et les intérêts enracinés signifient que certains ne peuvent pas réformer leur façon de sortir des ennuis, même là où c’est clairement la voie rationnelle.

Dans le cas où ces Etats se mettront résolument à la tâche pour effectuer la transition énergétique, on observera un tarissement progressif et important des recettes pétrolières, non seulement nécessaires pour financer l’économie, mais aussi utiles pour calmer les foyers de tension et financer des projets sociaux comme c’est le cas au Nigéria. Depuis plusieurs années, le gouvernement fédéral a conclu des accords avec des milices armées du delta du Niger pour éviter que dans leur quête d’une meilleure redistribution de la manne pétrolière, elles ne sabotent les installations pétrolières et ainsi mettent à mal la production nationale. Dans ce schéma, un soulèvement armé pourrait constituer un début d’instabilité pour le pays.

Par ailleurs, les perspectives du prix du pétrole demeurent incertaines et pourraient frôler des niveaux planchers au cours des prochaines années, en raison de la révolution verte en cours. Pour le moment, le baril de Brent se négocie actuellement autour de 63 dollars le baril.

En outre, le Cabinet prévoit que les pays arabes du Golfe persique qui produisent du pétrole à des coûts compétitifs comme les Emirats arabes unis et le Qatar n’échapperont pas à une instabilité politique s’il y a une baisse prolongée des prix sur le marché. Cela aurait un impact sur les réserves de change et les dépenses intérieures.

 

Plus de details sur le rapport ici https://www.maplecroft.com/insights/analysis/energy-transition-a-political-risk-nightmare-for-least-competitive-oil-producers/

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •