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Vendredi 3 décembre à Libreville, une convention minière a été signée afin de lancer à Okondja (chef-lieu du département de Sébé-Brikolo dans la province du Haut-Ogooué) la production de manganèse, minerai dont le Gabon est l’un des trois premiers producteurs mondiaux, derrière l’Afrique du Sud et l’Australie.

Ce vendredi, autour de la table pour la signature se trouvaient le ministre du Pétrole, du gaz, des hydrocarbures et des mines, Vincent de Paul Massassa, son homologue de l’Economie et des finances, Jean Marie Ogandaga, et le Président directeur général de la société minière Nouvelle Gabon Mining, Narendra Bajaj, établie depuis 2 ans dans la province du Haut-Ogooué et qui produit déjà à titre expérimental du manganèse. NGM exploite  un gisement  à « grande échelle », dénommé « Lebail »  dont les réserves sont estimées à plusieurs dizaines des millions de tonnes. A terme, la société vise une production de près de 2 millions de tonnes par an.

Cette convention est régie par les termes du nouveau code minier, adopté le 11 juin, qui optimise les avantages pour l’Etat comme pour les investisseurs. « Ces avantages consistent en l’optimisation des revenus de l’Etat, l’instauration d’une RMP (redevance minière proportionnelle, ndlr), la création d’une nouvelle source de revenu de 10 % de production commercialisable permettant à l’Etat de percevoir des revenus supérieurs à trois fois la valeur de la RMP, l’affectation directe d’une part des revenus liés au développement des communautés locales, l’obligation de transformation locale et l’obligation de prise en compte du contenu local », a déclaré Vincent de Paul Massassa à l’issue de de la cérémonie de signature de la convention.

Concrètement, avant le retour sur investissement, la Redevance minière proportionnelle (RMP) sera immédiatement applicable, dès le début de la mise en production, au taux de 5%. Après la phase de retour sur investissement, ce taux passera à 10 %. La NGM sera par ailleurs assujettie à l’Impôt sur les sociétés (IS) à hauteur de 30 % dès qu’elle dégagera des bénéfices.

Dès le début de la mise en production, 20 % de la RMP seront affectés chaque année aux projets de développement des communautés locales, a précisé le Directeur général de la Société équatoriale des mines, David Ossibadjouo qui estime qu’il s’agit « d’un excellent accord pour le Gabon. C’est même l’un des meilleurs dans le secteur », s’est-il réjouit.

6 % du PIB aujourd’hui, beaucoup plus demain

Au Gabon, le secteur minier reste encore principalement orienté vers l’exploitation du manganèse, les autres ressources naturelles du pays n’étant pas encore exploitées, à l’exception de l’or. Le secteur représente aujourd’hui 6 % du PIB, 6 % des exportations du pays et 3 % environ de l‘emploi privé.

Le secteur des mines devrait représenter dans le PIB, à un horizon de 15-20 ans, une part bien supérieure à celle qui est la sienne aujourd’hui. Outre le manganèse et l’or, le minerai de fer, dont le Gabon détient des réserves abondantes, figure parmi les ressources naturelles stratégiques du Gabon, alors que le sous-sol renfermerait aussi des métaux comme le niobium, des terres rares, de l’uranium, du cuivre, du zinc etc.

Le 11 juin 2019, un nouveau code minier a été promulgué au Gabon qui permet de clarifier les règles de l’exploitation minière et de donner un cadre plus stable aux investisseurs. Des dispositions dont le pays pourrait tout particulièrement tirer profit au moment de la remontée des cours mondiaux.

Pour rappel, en 2019, la production de manganèse au Gabon a atteint des niveaux historiques (lire notre article). Le pays est à l’heure actuelle le troisième producteur mondial de minerai de manganèse derrière l’Afrique du sud et l’Australie. La Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), la Compagnie industrielle et commerciale des mines de Huazhou (CICMHZ) ou encore Nouvelle Gabon Mining figurent parmi les principales compagnies opérant sur son sol.

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