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Samedi, les autorités portuaires de Bandar Abbas, un port dans le sud de l’Iran, annonçaient qu’un pétrolier battant pavillon britannique -le « Stena Impero »- avait été saisi par les autorités iraniennes et était ancré au port. Dimanche, Téhéran prévenait que le sort de ce pétrolier dépendrait de la bonne collaboration de l’équipage à l’enquête, alors que Londres a récusé la version iranienne de l’incident survenu deux jours avant dans le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole brut mondial.

Soupçonnés de « non-respect du code maritime international », le Stena Impero, propriété d’un armateur suédois, a été arraisonné vendredi par les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne. Selon Téhéran, le navire est « entré en collision avec un bateau de pêche » et les autorités iraniennes ont ouvert une enquête sur les « causes » de l’accident. Dans un courrier adressé à l’ONU, Londres a récusé cette version des faits dimanche.

Un arraisonnement « inacceptable » pour Londres

L’Iran « prétend » que le pétrolier « est entré dans le détroit d’Ormuz par la sortie et qu’il ne répondait pas aux messages d’avertissement », écrit l’ambassadeur adjoint du Royaume-Uni à l’ONU, Jonathan Allen. « Il n’y a aucune preuve en ce sens et même si c’est arrivé, la localisation du Stena Impera dans les eaux territoriales d’Oman signifie que l’Iran n’avait pas le droit de l’intercepter ». Jugeant par conséquent cet arraisonnement « inacceptable », Londres avait exhorté samedi l’Iran à libérer le pétrolier.

La Première ministre britannique Theresa May présidera lundi matin une réunion interministérielle de crise consacrée à cette affaire, a annoncé Downing Street dimanche soir. « Nous allons examiner une série d’options », a déclaré dimanche le secrétaire d’Etat à la Défense britannique Tobias Ellwood, sans plus de précisions. Sur Twitter, l’ambassadeur d’Iran à Londres Hamid Baeidinejad a exhorté le gouvernement britannique « à maîtriser (les) forces politiques intérieures qui veulent une escalade des tensions ». L’Iran, a-t-il ajouté, « est prêt pour différents scénarios ».

Un pétrolier iranien toujours détenu à Gibraltar

La saisie du Stena Impero est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar de prolonger de 30 jours la détention d’un pétrolier iranien, le Grace 1. Ce dernier, soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie – ce que Téhéran nie – en violation des sanctions européennes, a été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire britannique situé à l’extrême sud de l’Espagne. Pour le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt, les cas du Grace 1 et du Stena Impero sont très différents: « Le Grace 1 a été (saisi) légalement dans les eaux de Gibraltar », tandis que « le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international ».

Mardi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que l’Iran répondrait « au moment et à l’endroit opportuns » à la saisie du Grace 1, dénonçant un acte de « piraterie ». L’Allemagne, la France, l’UE, l’Otan et Oman, qui partage le contrôle du détroit d’Ormuz avec l’Iran, ont sommé Téhéran de relâcher le Stena Impero. Grand rival de l’Iran dans la région, l’Arabie Saoudite a jugé dimanche, par la voix de son ministre d’Etat aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir, « totalement inacceptable » l’arraisonnement du pétrolier. « La communauté internationale doit prendre des mesures pour empêcher un tel comportement », a-t-il ajouté.

Rebond des cours du brut

Après avoir lâché entre 5% (Brent) et 7% (WTI) la semaine dernière sur fond de craintes concernant la faiblesse de la demande mondiale, du manque d’avancées sur le front commercial sino-américain et de la forte augmentation des réserves d’essence et de produits distillés aux Etats-Unis, les cours de l’or noir rebondissent nettement lundi matin. À 10h, le baril de Brent européen de mer du Nord s’échange à 63,82 dollars sur l’IntercontinentalExchange de Londres, en hausse de 1,87% par rapport à la clôture de vendredi. Dans le même temps, le baril de WTI texan, ou « light sweet crude », reprend 2,18% à 56,84 dollars sur le New York Mercantile Exchange.

Les parapétrolières soufflent

À la Bourse de Paris, les valeurs pétrolières et parapétrolières profitent du rebond des cours de l’or noir pour reprendre un peu de hauteur, à l’image de TechnipFMC (+1,4% vers 10h20) ou du « supermajor » Total (+0,5%). Sur le SRD, Vallourec (+2,5%), CGG (+1,5%) ou encore Bourbon (+0,9%) évoluent également dans le vert.

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