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À l’horizon 2025, nous visons une capacité mondiale de 25 gigawatts (dans les renouvelables), ce qui commencerait à être relativement important à l’échelle de la planète », a déclaré le PDG du groupe Total.

Patrick Pouyanné explique dans le Journal du Dimanche les transformations de son groupe pour réduire sa dépendance au pétrole: « Contrairement aux dinosaures, on a un cerveau, on est capable de voir ce qui se passe, on connaît les marchés, donc on s’adapte car la transition énergétique offre plein d’opportunités ».

Le groupe souhaite accélérer dans la production d’électricité. « Nous vendons déjà de l’électricité à 4 millions de Français et de Belges. Et nous voulons doubler ce chiffre à l’horizon 2025. Nous construisons aussi des centrales solaires et éoliennes en France pour produire l’électricité verte que nous vendons ».

Le groupe a acquis depuis 2015 près de six milliards d’euros d’actifs dans les énergies dites nouvelles, notamment le spécialiste des batteries Saft, Direct Energie et Total Eren. « Désormais nous y consacrons 10% de nos investissements. Et nous allons continuer à faire croître ce secteur qui représente plus de 10 000 personnes dans le groupe ».

Transformer les stations service

Le PDG du groupe rappelle son engagement de ne plus fermer aucune de ses 3 500 stations service en France, et indique qu’il compte les transformer pour y proposer des prises électriques, mais aussi du gaz et de l’hydrogène pour les camions, au côté des pompes à carburant traditionnelles. « Aujourd’hui le lien entre les Français et Total, c’est la pompe, demain je veux que cela soit aussi la prise! ».

Mais à quel horizon? « Le gaz c’est maintenant. On est en train de construire un réseau de 400 stations pour accompagner les poids lourds sur leur parcours à travers l’Europe. Pour l’électricité, on a décidé d’équiper 300 stations service de façon à jalonner les grands axes en France tous les 150 kilomètres. Nous voulons également devenir opérateur de bornes de recharge ».

Concernant les prix du pétrole, le PDG de Total appelle au rétablissement d’une taxe flottante comme la TIPP pour limiter l’impact pour le consommateur de la remontée des cours. « On me dit que c’est compliqué de faire une taxe flottante sur les prix de l’essence, mais je ne comprends pas pourquoi. Il est facile de décider que le niveau d’une taxe est dépendant du prix de la matière première. On l’a déjà fait dans le passé. Ce serait une bonne méthode pour amortir le choc, même si cela retirerait des recettes à l’Etat ».

« Dès que l’on touche au grenier du pétrole, les marchés s’affolent », estime Patrick Pouyanné. « Mais une économie mondiale au ralenti ne peut pas se permettre un prix du pétrole très élevé. Je ne pense d’ailleurs pas que ce soit l’ambition des pays producteurs de l’Opep : ils se satisferaient d’un prix du baril situé entre 60 et 70 dollars. »

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